Bergelon

Le pauvre Teodoro, quand il s'est trouvé face à ce grand verre presque plein, l'avait emporté dans le cellier et vidé en entier, buvant en même temps que le vin le restant de ses jours.
Marco Malvaldi - Le Mystère de Roccapendente
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Rouge ou mort
Ce n'est pas du noir, mais notons tout de même que le mot "mort" est dans le titre. Ce n'est pas ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

vendredi 24 octobre

Contenu

Roman - Noir

Bergelon

Social - Road Movie MAJ vendredi 29 juillet 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 0 €

Georges Simenon
Paris : Folio, juin 2011
220 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-07-030426-4
Coll. "Policier", 625

Attraction et répulsion à partir d'un crime

En 1941, Georges Simenon, avec Bergelon, écrit un magistral roman noir sur l'attraction et la répulsion. Tout commence par l'attraction des feux de la rampe avec le médecin Bergelon. Lui, s'occupe de soigner les pauvres gens à vingt francs la consultation. C'est même lui qui ausculte les prostituées régulièrement. Mais pour n'avoir pas su résister à l'appel du grand chirurgien, il va sceller le sort d'une famille et s'engager dans un road movie européen en pleine crise de conscience.

Mandalin est un gynécologue réputé de la grande bourgeoisie de province. Il achète des clientèles aux médecins de la ville, mais il préfère le faste des soirées aux salles d'accouchement. Mme Cosson en fait les frais lorsque son accouchement tourne au tragique. L'enfant est mort-né, et victime d'une hémorragie elle laisse la vie et un mari éploré qui sombre peu à peu dans l'alcool.
L'alcool, justement, il en est question car Mandalin avait beau être en blouse blanche, il en était imbibé. Et c'est imbibé que M. Cosson envoit des lettres où il menace Bergelon de mort. Se sentant coupable, ce dernier ne le dénonce pas à la police. Il observe les gesticulations de cet homme tout accaparé par son malheur avec une certaine bienveillance.
Au même moment, le couple petit bourgeois de Bergelon avec ses petites habitudes se fissure. Pour Bergelon, c'est l'heure des premières répulsions. D'abord sa femme, enfin le mari Cosson. Il s'enfuit en Corse puis en Belgique. Non sans prévenir Cosson car il ne veut pas que celui-ci pense qu'il le fuit. Lui fuit plutôt l'image que Cosson lui renvoit.

Georges Simenon se lance alors dans un jeu du chat et de la souris somme toute simple avec une narration introspective. Les tourments de Bergelon sont exposés au lecteur dans toute leur complexité. Complexité qui s'avère d'une cruelle simplicité, et qui est relatée de façon linéaire à base de petits tableaux. Georges Simenon décrit des paysages, des hommes et des femmes qui les traversent dans le temps avivant les incertitudes de Bergelon. Le tout avec des phrases courtes, des pensées sommaires et des dialogues allant à l'essentiel.
Les deux protagonistes finiront par se recroiser à Paris pour au final prendre des chemins opposés. Mais pour Bergelon, la chute n'en sera que plus abjecte car seul Cosson fera le bon choix : celui de la déraison. Et c'est bien un roman très noir que nous offre Simenon avec sûrement un crime pour débuter qui déboule sur plus de deux cents pages de tourments, "... le tourment fait homme", où tout finit par d'ultimes répulsions.

Citation

Ce n'était pas un homme tourmenté, c'était le tourment fait homme.

Rédacteur: Julien Védrenne vendredi 29 juillet 2011
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page