Les Enquêtes de Messire Collet : Meurtre à l'auberge du Cerf Mourant

Elle songeait déjà à repartir de France - n'y rester que le temps d'avoir des aides sociales et de prendre des photos de flics, de merde de chiens et de jardins vides, afin de montrer aux Sud-Américains la réalité de la France.
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Roman - Policier

Les Enquêtes de Messire Collet : Meurtre à l'auberge du Cerf Mourant

Historique MAJ vendredi 08 juillet 2011

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16,9 €

Jean-François Pietka
Paris : Thélès, octobre 2010
300 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 978-2-303-00318-6

Collet léger

Les semaines sont longues, vous croulez sous le boulot, la vie de famille n'est pas toujours de tout repos, vous êtes fatigué, stressé, vidé, et en vous couchant, le soir, les paupières un peu lourdes et le cerveau ramolli vous cherchez un livre à lire. Il vous faut du léger, du frais, du pas compliqué, un truc qui glisse tout seul, qui vous embarque tranquillement sans que vous ayez le moindre effort à faire. Eh bien, j'ai ce qu'il vous faut : "Les Enquêtes de Messire Collet", ouvrage sous-titré Meurtre à l'auberge du Cerf Mourant, de Jean-François Pietka.

L'histoire se passe à Paris, en 1482. Le héros, Nicolas Collet, jeune gantier monté pour affaires à la capitale est témoin, un soir, alors qu'il prend l'air à la fenêtre de l'auberge du "Cerf Mourant", d'un étrange va-et-vient de personnages dont les attitudes lui paraissent suspectes. Quelques minutes plus tard, la patrouille du guet tambourine aux portes : un corps sans vie vient d'être retrouvé au pied d'une fontaine, à quelques dizaines de mètres de là. Qui est donc ce mystérieux cadavre ? Et les non moins mystérieux rôdeurs que Messire Collet a aperçu (dont trois sont aussi des clients de l'auberge), quelle est leur part d'implication dans cette affaire ?
L'intrigue est posée. Toute simple au départ, elle se complexifie au fur et à mesure que l'histoire progresse. Les coupables potentiels se multiplient, des complices apparaissent puis disparaissent, d'autres morts surviennent, et Nicolas Collet, qui s'est retrouvé un peu par hasard désigné d'office pour résoudre cette affaire, patine allègrement. Et ce patinage, qui n'a rien d'artistique, lui pèse d'autant plus qu'il réalise très vite qu'il y a, en arrière plan des énigmes auxquelles il se heurte, des enjeux politiques et économiques qui le dépassent. Il apprend ainsi, par l'intermédiaire de Jocelyn de Brion, prévôt de Paris, que même le Roi s'intéresse à son enquête. Pourquoi ? Et que vient faire Christophe Colomb himself, dans cette galère ?

Le livre de Jean-François Pietka est agréable à lire, la narration est rondement menée, sans chichis inutiles. Le lecteur sera toutefois peut-être un peu surpris, au début, par le décor très "carton-pâte" du récit qui redessine un Moyen Âge très approximatif, voire anachronique. Cela est surtout frappant dans la manière dont les héros s'expriment. Ils parlent et évoluent comme vous et moi, se serrent la main pour se dire bonjour (pratique qui servait plutôt à signifier un accord marchand à l'époque), et emploient des expressions parfaitement inappropriées ("aller à vau l'eau", expression qui ne prendra son sens dérivé qu'au XVIe siècle ; "la nuit porte conseil", qui date du XVIIe ; ou même "jouer la fille de l'air", expression qui ne se développe qu'à partir du XIXe...). Bref, ce côté kitch pourra en agacer plus d'un. Moi, il m'a plutôt amusé et j'ai trouvé qu'il apportait au roman de Pietka le charme un peu décalé des vieux films de cape et d'épée aux héroïnes permanentés et pomponnées comme des starlettes du tout Paris, ou des anciens westerns, avec leurs indiens improbables, maquillés au brou de noix, et leurs cowboys toujours bien rasés. Cela nous change un peu des productions contemporaines, de leurs rythmes effrénés, de leurs super effets, de leur violence gratuite et de leurs flots d'hémoglobine généreusement déversés sur le public.

Messire Collet a ainsi plus à voir avec Hercule Poirot qu'avec les héros déjantés de Kill Bill et c'est très bien ainsi... car moi, certains soirs, quand je rentre chez moi et que je trouve que la semaine a été longue, que je croule sous le boulot, sous les tracas familiaux, et que je suis fatigué, stressé, vidé, ces soirs-là donc, lorsque je fouille dans ma bibliothèque pour y chercher un bon bouquin pour me détendre, je ne réponds plus qu'à un seul mot d'ordre : "Non au bain de sang et vive le carton-pâte !"
Et vive Messire Collet...

Vous pouvez retrouver toutes les chroniques à L'Heure des comptes !

Citation

Du drame qui s'était joué là, la veille, il ne restait plus qu'une tache brune sur le sol : la terre absorbe aussi bien et aussi vite le sang que l'eau. Je contemplai pendant quelques secondes, un peu mélancolique, ces vestiges d'une vie humaine qui allaient disparaître à la première averse, mais le temps n'était pas à la philosophie, il fallait rassembler le maximum d'éléments pour comprendre.

Rédacteur: Stéphane Beau vendredi 08 juillet 2011
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