Les Enquêtes du commissaire Raffini - 7. Les Petits meurtres

La machine a cela de merveilleux : elle ne se met pas en colère lorsqu'elle répète pour la troisième fois, tournez à droite, sa voix égale, sans émotion, arrive au bout du compte toujours à retrouver la direction et à vaincre toutes les résistances. Elle ne juge pas, elle guide. C'est ce que je lui demande. Si nous pouvions prendre modèle sur cette neutralité bienveillante pour éduquer nos jeunes.
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Bande dessinée - Policier

Les Enquêtes du commissaire Raffini - 7. Les Petits meurtres

Tueur en série MAJ jeudi 09 juin 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 0 €

Rodolphe (scénario), Christian Maucler (dessin)
Paris : Desinge & Hugo & Cie, juin 2011
46 p. ; illustrations en couleur ; 32 x 25 cm
ISBN 978-2-7556-0774-1

Retraite assassinée

On le connaissait plutôt débonnaire, et ses enquêtes bien que criminelles n'étaient pas trop sombres. Avec la réédition de ce troisième volet, le commissaire parisien itinérant Raffini nous pousse à affronter la mort dans ce qu'elle a peut-être de plus angoissant pour le commun des mortels.

L'intrigue déboule un peu au lance-pierre comme dans le second épisode. Raffini, en route pour Paris avec un de ses collègues, se rappelle qu'un oncle peintre à ses trop nombreuses heures perdues vit tout seul dans une maison de retraite. Un petit détour de rien du tout. Trente kilomètres. Mais l'oncle a quitté la maison de retraite en compagnie d'un ami dans une Panhard verte modèle 55. La piste conduit Raffini dans une petite ville de province. Une maison louée pour un mois. Il découvre des toiles de son oncle chez un brocanteur. Retrouve un ami policier intrigué et déjà confronté à diverses disparitions similaires.
Le scénario de Rodolphe nous ramène à notre propre culpabilité avec en point de mire une société occidentale qui oublie ses vieux pour ne pas affronter l'image de la mort. Car Raffini va finir par débusquer un tueur en série de personnes âgées qui agit en toute impunité. Ces petits vieux qui n'ont plus de famille pour venir les voir, mais qui ont une petite retraite pour vivoter dans cette France des années 1960. L'enquête linéaire ramène le commissaire sur ses terres. Maucler multiplie les flashbacks nostalgiques grisés, qu'il intercale dans des planches où les couleurs complémentaires s'en donnent à cœur joie pour nous en mettre plein la vue. Son dessin semble réjouissant et en totale contradiction avec la dureté du scénario. Et si, au final, justice est rendue comme dans les deux épisodes précédents, l'amertume des propos du commissaire, ses regrets quant à son absence auprès d'un être qu'il découvre tout au long de l'album chers à ses yeux, font de ce volet, déjà une bande dessinée à part dans la série tout en lui conférant un statut actuel. Vivement la suite !

Illustration intérieure

Les Petits meurtres. Détail de la page 15 quand le commissaire Raffini s'intéresse tardivement à ce qu'est devenu son oncle peintre.


Citation

Tu ne manques quand même pas d'air ! Ça fait bien deux ans qu'on ne s'est pas vus, tu débarques comme ça, à l'improviste, et hop ! tu me balances aussi sec sur un coup des plus foireux !!!

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 26 mai 2011
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