Voleurs à la douzaine

Éric se demanda si eux aussi, les flics de Saint-Gaudens, ils n'avaient pas été fabriqués en Chine, mal conçus, mal peints, avec des matériaux laissant tellement à désirer qu'aucune gosse n'avait envie de s'en approcher.
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vendredi 15 décembre

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Nouvelle - Insolite

Voleurs à la douzaine

Braquage/Cambriolage MAJ mardi 17 février 2009

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,5 €

Donald Westlake
Thieve's Dozen - 2004
Préface de Donald Westlake
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean Esch
Paris : Rivages, mai 2008
218 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7436-1834-6
Coll. "Thriller"
John Archibald Dortmunder

Ce qu'il faut savoir sur la série

John Archibald Dortmunder, chômeur invétéré, est le plus malchanceux des cambrioleurs de New York. Ses plans géniaux sont assujettis aux aléas de la ville. Un magasin qui déménage et c'est une affaire rondement menée qui s'écroule. À ses côtés, sa compagne, May, caissière chez Bohack, et toute une clique de spécialistes des casses qui se réunissent au O.J. Bar & Grill d'Amsterdam Avenue. Là, officie le barman Rollo qui nomme tout ce beau monde par ce qu'il boit. Ainsi Dortmunder se voit affublé d'un "double-bourbon-glacé", pendant que Stan Murch, le chauffeur, est doté d'un laconique "bière-et-sel", parfaite injure au mercantilisme d'un bar : le sel sert à faire mousser une bière que l'on tient à faire durer ! Ensemble, la vie n'est pas banale et le moindre coup prend des proportions dantesques, mais jamais ils ne perdent de vue leur objectif.

La Ville dont le prince est un voleur

John Archibald Dortmunder est un personnage de roman qui ose très peu s'immerger dans une nouvelle. Au fil des années, cependant, il s'est immiscé çà et là dans quelques nouvelles pour quelques revues et quelques journaux. Dans sa préface, Donald Westlake relate la naissance de Dortmunder, qu'il explique par la grève soudaine de son héros alors principal, Parker (il faut alors plutôt voir du côté d'un de ses autres noms de plume, Richard Stark). Il fallut bien faire appel à quelqu'un d'autre pour dérober six fois une même émeraude (lire Pierre qui roule). Mais la constance n'est pas forcément une qualité de Dortmunder. Trois tentatives de vol plus tard, il s'est enfermé dans un placard après un seul roman. La délivrance est venue dix ans plus tard avec des ébauches de scénarios tous plus loufoques les uns que les autres. C'est ainsi que Dortmunder fit son apparition dans Playboy. Ce qui ne pouvait que le stimuler.

La défaite en singeant

Voleurs à la douzaine propose une douzaine (!) de nouvelles mettant en scène Dortmunder ou sa substitution. Mais le héros de ce recueil n'est pas Dortmunder. C'est, sans conteste, New York, sa faune et sa violence. Il ne fait pas un temps à sortir un Dortmunder dehors. Les métros prennent feu, les taxis sont conduits par des psychopathes, et le monde est plein de gens malhonnêtes que c'en est une honte (pensez que même les brigands sont des flics déguisés). Pas moyen de faire un casse sans retrouver sur sa route des coéquipiers dans un placard, un chien bavant et aboyant devant. Quand il s'éloigne de la ville, le tête-à-nez avec un cheval prend des allures de règlements de compte à OK Corral. Pour peu qu'il réussisse un coup, Dortmunder se retrouve obligé de jouer aux cartes avec des écrivains et de les plumer pour qu'ils ne le dénoncent pas ou bien de se grimer en domestique pour servir des petits fours aux policiers qui le pourchassent. Au milieu de tout ça, il y a Donald Edwin Westlake homme de lettre à la méticulosité sans fin, capable de décrire le moindre fait, le moindre pet de mouche ; de s'astreindre à de multiples jeux littéraires, adoptant des automatismes ("Diddums ? C'est gallois. Oh.") qui font qu'on se prend au jeu du voleur volé avec classe. Dortmunder a traversé la vie de Westlake avec brio mais défaitisme. Ses romans excellents traînent parfois en longueur. Ses trop maigres nouvelles non.

Nouvelles présentes dans ce recueil
À question idiote...
Le Mauvais cheval
Trop d'escrocs
Songe d'un jour d'été
L'Entraînement de Dortmunder
Un fêtard
À votre bon cœur
Vente de charité
Quoi, encore ?
L'Art et la manière
Fugue en crimes mineurs
Coda


On en parle : La Tête en noir n°133

Citation

Dortmunder décampa comme le dernier des dodos, en agitant les bras, regrettant de ne pas savoir voler.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 31 décembre 2008
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