Scarface

Ses cris ne cessèrent qu'après la chute du couperet. Monsieur Deibler chercha alors à pousser le corps dans le panier, mais celui-ci, retenu par un épais lambeau de peau et de muscles, entre le couteau et la partie interne de la lunette, ne céda que difficilement.
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mercredi 21 novembre

Contenu

Bande dessinée - Noir

Scarface

Gang MAJ jeudi 26 juillet 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Christian De Metter (scénario & dessin)
Scénario adapté de l'œuvre de Armitage Trail
Paris : Casterman, avril 2011
108 p. ; illustrations en couleur ; 26 x 19 cm
ISBN 978-2-203-03053-4
Coll. "Rivages/Casterman/noir"

Déchéance annoncée

Christian De Metter, après Shutter Island dans la même collection adapte Scarface, un roman méconnu d'Armitage Trail. S'il est surprenant de dire que le roman est méconnu, le personnage principal, assurément, ne l'est pas puisqu'il s'agit de Scarface autrement dit Al Capone, et qu'il a bénéficié de deux adaptations cinématographiques réussies de Howard Hawkes et Brian De Palma en un demi-siècle d'intervalle. Dans un ensemble harmonieux aux pages débordantes de bichromie - du bleu de Prusse au sépia en passant par le jaune d'or pour mieux faire resurgir la violence présente en Scarface dès son plus jeune âge, il installe son univers. Scarface, c'est l'irrésistible ascension jusqu'à une chute annoncée du plus grand gangster au sein de la pègre de Chicago pendant la Prohibition. Annoncée car c'est à un long flashback que nous convie Christian De Metter après une page inaugurale forte où tel un héros de la mythologie Grecque, Tony Guarino s'apprête à mourir de la main de son frère, lieutenant de police, après avoir été donné par sa propre sœur !

Toni Guarino c'est un jeune adulte ingénieux, avide de pouvoir et de belles femmes, issu d'un foyer modeste, qui n'a peur de rien, et surtout pas des autres même s'ils sont plus dangereux que lui. C'est pourquoi il se retrouve contraint à s'engager volontaire dans l'armée durant la Première Guerre mondiale. C'est d'ailleurs sur les champs de bataille qu'il fait réellement ses preuves. Il en ressort auréolé et avec une cicatrice qui lui entaille profondément le visage, le rendant méconnaissable. C'est ainsi que de retour au pays, celui qui est devenu Scarface va professionnaliser le crime. Christian De Metter alterne alors les tons de planche, choisis les moments sur lesquels s'attarder. Il ébauche la Prohibition. Déplace les conflits automobiles. Intronise la mitraillette. Révèle la corruption. Pointe la palette sur les grippages des rouages judiciaires. S'amuse en peignant des portes-flingue au physique hallucinant. Il prend le temps de dépeindre la pensée du moment, la société américaine avec ses travers qui est à l'inverse de l'idéalisme de Toni Guarinon, un homme qui se sent trahi par les autres. Il nous amène vers le rêve américain et son pendant. Ce cauchemar même pas climatisé comme voulait nous le faire voir Henry Miller. Car la déchéance sera bien plus brutale que l'ascension... Et cette chute, si nous la connaissons tous, la bande dessinée l'approche différemment que le roman, et c'est tant mieux.

Illustration intérieure

Première page de Scarface, l'affrontement ultime entre deux frères. Law and disorder...


Citation

On dit que l'on voit sa vie défiler devant ses yeux lorsqu'on est sur le point de mourir. Vu la vitesse de la balle, mon bilan risque d'être assez peu exhaustif.

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 15 mai 2011
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