La Fille des marais

Je trouve ça admirable, la façon dont ces gens, hommes et femmes, peuvent vivre dans la criminalité ou la côtoyer toute leur vie et tenir malgré tout à un statut social. Comme JFK.
Bill James - En de bonnes mains
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Stone Junction
"Œuvre culte de la contre-culture américaine... l'un de ces rares ouvrages capables de changer la vie...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

lundi 16 juillet

Contenu

Roman - Noir

La Fille des marais

Ethnologique - Disparition MAJ lundi 24 janvier 2011

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 9 €

Charles Williams
River Girl - 1951
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Christophe Mercier
Paris : Rivages, janvier 2011
312 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-2174-2
Coll. "Noir", 807

Le marais était en noir

Jack Marshall porte bien son nom. Il assiste le shérif du coin et surtout récupère pour lui les pots de vin tout en touchant sa part. Son couple bat de l'aile, l'étau mené par les citoyens vertueux se resserre. Une maison close emploie des mineures, et de nombreux drames sont à venir. Alors Jack Marshall prend son bateau, sa canne et va pêcher entre lac et marais. C'est là qu'il rencontre Doris, femme recluse d'un homme en fuite. Il a aussitôt le coup de foudre pour cette femme fatale aux cheveux passés à la débroussailleuse. Alors Jack Marshall insiste pour la revoir, pour l'embrasser. Et c'est Doris qui insiste pour qu'il l'enlève. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Les fameux impondérables qui amènent de nombreux dérapages. Dérapages qui conduisent tout droit en Enfer et dans un monde de folie.
À une autre époque, ce roman avait été publié sous le titre Bye bye bayou. Même tronqué, il laissait une impression forte, dans sa version intégrale, l'impression se trouve renforcée. À l'heure où l'on met le "nature writing" à toutes les sauces, et qu'il semble être la découverte de ce début de XXIe siècle, ce roman est là pour nous rappeler que d'autres avant lui l'avait abordé avec un très certain talent. Si George Tuttle, un spécialiste américain des "pulp", décrivait ce roman comme "un exemple classique d'immersion noire (au sens roman noir) dans une région inexploitée à la Erskine Caldwell dont le cadre géographique intensifie le trait sexuel", on le rapprochera aussi et surtout des Naufragés de l'autocar de John Steinbeck, un huis-clos dans un car qui traverse de vastes étendues où les pulsions sexuelles se révèlent. Même époque, même thématique mais pour un traitement différent. Là où les deux précédemment cités aboutissent à une conclusion sombre, Charles Williams lui nous donne un final très noir et sanglant, vite appréhendé tant les événements sont contraires aux amants même pas diaboliques et la folie qui peu à peu gagne Jack Marshall devient obsédante surtout pour le lecteur. C'est d'abord l'arrivée de Doris, la seconde femme fatale du roman, attirée par Jack car il est "la seule défense au monde contre l'ennui [...] la personnification de l'excitation". Ce sont ensuite les accumulations de petites erreurs qui vont à la longue s'avérer primordiales. Jack Marshall, doté d'une grande intelligence et d'une plus grande encore réactivité, va peu à peu s'emmêler les pédales et sombrer au fond d'un gouffre. Seule victime de ce drame à rester vivante - le pire des supplices -, son long chemin ressemblera à une longue agonie mythique. Un roman culte à lire dans une nouvelle traduction intégrale.

Citation

Si on fait trente kilomètres dans les marais juste parce qu'on n'est pas capable de se tenir éloigné de la femme d'un autre homme, pourquoi s'inquiéter d'une petite chose comme d'inventer un mensonge pour son employeur ?

Rédacteur: Julien Védrenne vendredi 21 janvier 2011
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page