Barjot !

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mercredi 14 novembre

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Roman - Noir

Barjot !

Vengeance - Assassinat - Terrorisme MAJ dimanche 16 janvier 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8 €

Jean-Hugues Oppel
Paris : Rivages, janvier 2011
204 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-2175-9
Coll. "Noir", 806

N'ayez pas peur, c'est la police française !

Sept à table dans une maison d'une petite résidence d'une petite ville de banlieue. Ils n'attendent pour entamer le repas que l'arrivée du patriarche, Jérôme-Dieudonné Salgan. Mais c'est sans compter cinq hommes armés qui débarquent, arrosent à tout va pour ensuite brûler la baraque. Salgan n'en réchappe que parce qu'en retard. Doublé à l'aller par les assassins de sa famille et du couple d'amis, il les recroise à nouveau sur le retour de leur macabre besogne, le temps de mémoriser inconsciemment la plaque minéralogique de la berline. Sur les lieux de l'incendie criminel, les pompiers s'activent pendant que les flics résument la situation. Elle n'est pas brillante. Les cinq tueurs devaient abattre un groupe terroriste allemand. Ils se sont tout simplement trompé de cible ! Qu'à cela ne tienne. Ces assassinats seront remis sur leur dos. Mais Salgan débarque, fait une syncope, est hospitalisé, hérite de ses amis, se balade, retrouve la voiture des nettoyeurs par hasard, se muni d'un flingue et élimine un à un les tueurs avec une insolente réussite. Pour le commissaire Kreps, à l'origine de la brillante et désastreuse opération, Salgan peut être manipulé et utilisé pour anéantir le groupuscule terroriste.
Roman court, chapitres courts, phrases courtes, épurées, minimalistes et crues : le style de Jean-Hugues Oppel est là, reconnaissable, dans un roman structuré, pensé dans lequel il nous accompagne tout du long avec de petites piques ici et là qui égaient un récit sombre et glauque. Ce monde est barjot nous assène-t-il ! Pris à la gorge d'entrée, le lecteur découvre une petite famille oligarchique au sein de laquelle il ne voudrait surtout pas vivre, mais quand le chapitre initial se clôt sur : "Ils ont encore quatorze minutes d'existence devant eux", il comprend qu'il va passer un moment d'intense lecture (on aurait envie de dire agréable) et une douce sympathie le prend pour ces personnages qui, il le sait, ne l'accompagneront plus du roman. Et Oppel ne nous trompe pas. L'intrigue est horrible à souhait - et la morale bronsono-justiciaire qui semble se dégager ne sera finalement pas là. Manipulation policière, on fait croire aux journaleux et à la population ce que l'on veut, on retourne les aléas à son propre avantage. Bienvenue dans un monde parano ! La raison d'État chère à nos politiques tient le beau rôle. Et le pauvre Salgan en fait octuplement les frais. L'un des romans les plus aboutis de Jean-Hugues Oppel, et aujourd'hui plus qu'hier entièrement d'actualité. Purement jouissif. Après ça, difficile de réunir sa famille autour d'une table sans penser au monde insécuritaire qui nous entoure. Vous avez dit barjot ?

Citation

J'ai toujours prétendu qu'il fallait accorder un crédit plus que mitigé aux aveux spontanés des repentis du terrorisme... dit-il ; ils sont trop pressés de se faire pardonner pour être honnêtes !

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 16 janvier 2011
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