La Story

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mardi 12 novembre

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Essai - Noir

La Story

Musique MAJ lundi 20 décembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Public connaisseur

Prix: 19 €

Little Bob
Avec la collaboration de Christian Eudeline
Préface de Jean-Bernard Pouy
Paris : Denoël, octobre 2010
252 p. ; illustrations en noir & blanc ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-207-26040-1
Coll. "X-trême"

Little Bob : road story

Il demeure l'un des plus grands rockers français, du genre "sans étiquette", même s'il doit tout au blues. Une figure-culte mais jamais vraiment reconnue par ce foutu "grand public".
Little Bob – Roberto Piazza -, c'est un cas... Plus de trente-cinq ans de métier, une vingtaine d'albums, mais jamais la consécration. Une carrière avec des hauts et des bas, mais un axe immuable et solide : le blues. Comme si on pouvait placer Le Havre – sa ville d'adoption - sur une carte du Mississippi ou de l'Alabama. Fan de Howlin' Wolf, de Vince Taylor et de Little Richard, il est resté, en bon puriste, obsessionnellement tourné vers le chant en anglais, quand ceux qui chantaient dans la langue de Johnny - Téléphone, Trust ou Noir Désir - grimpaient alors au sommet des charts. Il fait figure de second rôle indispensable. Pas facile à tenir, pour un pionnier... Sur scène, Little Bob reste un concentré d'"high energy". Il faut l'avoir vu au moins une fois interpréter Riot in Toulouse... Il a une touche unique, un tantinet rockabilly, mais jamais très loin de Steppenwolf ou des Doors de Roadhouse Blues. Grand fan de Bob, Jean-Bernard Pouy, qui préface l'ouvrage, écrit : "Little Bob est grand. C'est comme ça. N'en déplaise aux 'Long', 'Tall', 'Big', 'Great', 'Prince' et autres 'King'."
Little Bob Story – le nom de son groupe, quel qu'en soit l'évolution du line-up -, c'est surtout une histoire romanesque : "Bob a longtemps été en pleine fiction puisqu'il était partie prenante de la Story, qui a été une longue histoire à récits passionnants, à tiroirs, un vrai feuilleton avec ses héros, ses gagnants, ses disparus, ses traîtres, ses mousquetaires", conclut Pouy. Soit l'épopée d'un gars qui a passé sa vie en tournée, sans domicile fixe, revenant parfois se ressourcer chez ses parents, des immigrés piémontais débarqués en France en 1958, alors que Bob est ado, qu'il découvre le travail à l'usine en même temps que le blues et le rock. À ses débuts, sa mère s'occupait même de ses frusques, en lui disant : "Tu ne peux pas monter sur scène avec des habits non repassés". LBS fut le premier groupe de rock français à tourner en Angleterre. Où ils évitent de justesse de se faire virer des pubs, où les roadies doivent sortir leur lame pour protéger le matériel... Quand le punk débarque, LBS tourne avec les Damned, les Stranglers, les Jam et bien d'autres. Et Bob de se vanter un peu : "Par rapport aux autres groupes français, LBS sonnait bien plus dur, plus agressif et plus rentre-dedans [...]". Bob pense alors avoir plus d'affinités avec Motörhead qu'avec les Pistols, et la presse anglaise lui donne raison, assurant qu'en comparaison de LBS, les Damned, sur scène, semblent avoir pris du valium...
Il traverse les très pop années 1980 en s'accrochant à un heavy blues et en martelant : "Je reste un rocker du Havre, je n'appartiens pas au club des Parisiens." Régulièrement plaqué par ses musiciens, rebondissant toujours, il n'a jamais baissé les bras, s'autoproduisant depuis quinze ans, sans amertume, et finalement heureux quand son dernier CD s'écoule à cinq mille unités. L'autobiographie de Bob est d'une tendresse et d'une sincérité finalement rares. Où se dessine, entre les lignes, un portrait qu'on devine juste. Et qui cadre avec l'image qu'on avait. Celle du mec bien...

Citation

Little Bob est grand. C'est comme ça. N'en déplaise aux 'Long', 'Tall', 'Big', 'Great', 'Prince' et autres 'King'.

Rédacteur: Cédric Fabre dimanche 19 décembre 2010
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