Les Visages

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Livre sonore - Policier

Les Visages

Tueur en série - Arnaque - Assassinat MAJ mercredi 16 février 2011

Ceci n'est pas un roman policier... tout juste une pipe

Premier roman. Thriller, sans doute. Singulier. "Au début, je me suis mal comporté", énonce-t-il d'entrée. Et dès ce début intriguant, par vagues successives, l'on est charrié. Moins convoqué par quelque écoute attentive que charrié presque malgré soi. Contre soi. Ethan enquête. Amateur d'art, le voici confronté à une série de toiles exceptionnelles. Le peintre s'est volatilisé dans la nature. Ethan enquête quand un flic reconnaît sur l'une des toiles le portrait d'un enfant disparu quarante ans plus tôt. Cold Case. Qu'est-ce qui va remonter à la surface cette fois ? La liste des victimes s'allonge. Des meurtres d'enfants. Violés d'abord. Des enfants sans liens entre eux, sinon celui de leur mort atroce. Les révélations s'accumulent. Tout remonte à la surface. L'histoire familiale aussi bien, celle du père d'avec lequel Ethan s'est brouillé, immigrant dont peu à peu la biographie se dévoile. De cette identité égarée, Ethan ne peut faire le deuil. Il en remonte le fil. La narration se dédouble. Cette histoire-là monte en puissance. Jusqu'à se nouer à celle, horrible, des enfants assassinés.
Le livre est peut-être un roman policier. Jesse Kellerman s'en amuse. Il emprunte au polar l'équivoque d'un regard crucifiant sur le monde, dans la distance de l'ironie qu'il nous concède, celle du jour auquel il faut bien survivre soi-même, dans ce monde sans vergogne qui sacrifie plus que de raison le meilleur de nous-même et détale sans demander son reste. L'auteur prend d'ailleurs ses distances avec malice, cite Marlowe, les codes du genre, pour mieux se recentrer sur ses personnages. Et Jesse touche juste. Si juste qu'il en devient inquiétant. Roman troublant, certainement. Aux rebondissements cette fois encore surabondants. Un trait de caractère des narrations d'aujourd'hui. Le tout dans une construction soignée, en passes croisées du fil narratif, passé-présent, présent-passé.
La lecture qu'en fait Bernard Hervé Omnès est à son tour pas moins surprenante. Vive, un rien amusée, légère. Presque insouciante, serrant au plus près le narcissisme du narrateur, détachant avec une complaisante délectation chaque syllabe du récit. Superbe interprétation, tellement intelligente de son texte même !

NdR - 2 CD MP3, durée d'écoute : 14 h 06.

Citation

C'est comme ça, comme quand c'est autrement. C'est-à-dire, la plupart du temps.

Rédacteur: Joël Jégouzo lundi 06 décembre 2010
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