Apocalypse bébé

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mardi 19 novembre

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Roman - Noir

Apocalypse bébé

Social - Road Movie - Disparition - Urbain MAJ mercredi 10 novembre 2010

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Virginie Despentes
Paris : Grasset, août 2010
342 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978 2 246 77171 5

C'est d'la bombe !

Quand j'ai appris que le dernier Despentes était sorti et qu'il était même dans la shortlist du Goncourt (finalement ce sera le Renaudot), je me suis précipitée pour l'acquérir. Et j'ai compris. Je n'avais plus le goût à lire depuis quelques mois car les romans qu'on me proposait pour ces chroniques n'étaient pas bons. Parce que là, une fois qu'on a commencé la lecture de Apocalypse bébé, on ne veut pas sortir, on ne veut plus EN sortir, on est happé. Le genre de bouquin qu'on souhaite sans fin car c'est trop bien !
Virginie Despentes n'aime pas la poupée Barbie et pose sa bombe dans une station toute sucrée et perlée pour mieux faire voler en éclat la superficialité du monde réel. Elle crache les mots avec intelligence, décrit la violence de notre société en mettant en scène des personnages entiers. Ils sont vivants, incompris et radicaux. De son écriture abrupte, jetée en pleine face, mieux que personne, Virginie Despentes, la Elisabeth Badinter version punk, raconte la brutalité engendrée par l'argent, par le sexe, par les codes sociaux. Comment la communication est restée bloquée entre les générations, entre les classes sociales, comment le lien social se délite car chacun est prêt à prendre la place de l'autre pour se faire la sienne au soleil au lieu de cohabiter.
Alors quand Lucie la détective se lance à la poursuite de l'adolescente Valentine qui s'est fait la malle, ses intentions ne sont pas forcément altruistes. Elle ressemble à ces paumées que Virginie Despentes affectionne. Et la route est pavée de personnages, tous en colère car chacun à sa façon est un laissé pour compte. Féminisme et combat sont les mamelles de l'œuvre de Despentes. Alors bien sûr, j'ai trouvé une petite faille, une petite faiblesse de narration qui ne rend pas très clair le rapport entre Sœur Elisabeth et Valentine mais ça doit être parce qu'on ne veut pas que ça se termine. Dis, Virginie, tu veux bien être ma copine ?

Citation

C'est comme ça qu'on fait parler les gens. Sinon ils t'envoient chier, direct. Y a rien qui marche comme la violence, pour bien communiquer.

Rédacteur: Axelle Simon lundi 08 novembre 2010
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