Petites coupures

C'est d'un ennui mortel. Il ne se passe rien, aucune information ne ressort. Et le style est nul.
Joy Castro - Après le déluge
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Stone Junction
"Œuvre culte de la contre-culture américaine... l'un de ces rares ouvrages capables de changer la vie...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

samedi 21 juillet

Contenu

Bande dessinée - Noir

Petites coupures

Social - Sportif MAJ vendredi 08 octobre 2010

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,5 €

Joseph Incardona (scénario), Vincent Gravé (dessin)
Vallauris : Les Enfants rouges, janvier 2009
242 p. ; illustrations en noir & blanc ; 24 x 17 cm
ISBN 978-2-35419-017-0
Coll. "Isturiale"

Cent millions de baisés

Deux destins similaires se croisent sur un ring pendant la Seconde Guerre mondiale. D'un côté, Paul Norman, blanc, 36 ans et 72,350 kilogrammes, de l'autre Maximilian Chavez, noir, dix ans de moins, et 73,089 kilogrammes. La star déchue et la star montante. Un ancien champion qui pour une seconde d'inattention a vu ses rêves d'accéder au sommet du monde s'envoler, et un champion en devenir pour qui ce matche sert de faire valoir avant LE combat qui lui permettra de devenir le roi incontesté des rings. Paul Norman a tout échangé (gloire, femme, enfant, destin) contre une profonde addiction à la bouteille qui le conduira tout droit au paradis des sportifs humiliés. Maximilian Chavez n'aura même pas cette chance lui qui s'enrôlera dans l'armée après cette défaite surprenante, et mourra héroïquement (ou sottement c'est selon) pour la bannière étoilée (allez GI Joe tu vas mourir pour le drapeau américain). Car c'est bien le rêve américain qui est montré du doigt dans un scénario de Joseph Incardona, qui se permet dans une bande dessinée de neuf chapitres comme autant de rounds des fulgurances à partir de ces petites coupures de l'âme, qui sont également autant de billets verts que l'on rêve de multiplier. L'Amérique crée en effet des icônes qu'elle s'empresse de détruire - c'est plus jouissif. Et si ce n'est pas Gainsbourg qui a chanté "Je suis venu pour te voler cent millions de baisers (baisés ?) en petites coupures" alors qui donc ? Et Vincent Grave dans cette histoire ? Avec un style fort qui lui est propre, il passe d'une technique à l'autre - lavis, encre de Chine, aérographe... - pour nous proposer des cases en noir et blanc, un hommage à Wharoll à travers une bouche pulpeuse d'une blonde belle à croquer, vulgaire à souhaits, des négatifs/positifs (ce qui est bien mieux que de parler de clair-obscur) osant même aller vers le naïf pour un résultat qui ne peut être décrit mais qui vous touche tel un uppercut d'un Paul Norman retrouvé.

Récompenses :
Prix Cognac Meilleur Album BD One Shot 2009

Citation

L'Amérique ça se construit avec des boulons, pas en faisant le guignol sur un ring !

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 06 octobre 2010
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page