La Crève

Trouver une banque accommodante peut être beaucoup plus compliqué que vendre de grandes quantités de drogue.
J. J. Connolly - Viva la madness
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

L'Ange rouge
Le nouveau roman de François Médéline nous emmène à Lyon il y a une vingtaine d'années. Une brigade p...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

lundi 30 novembre

Contenu

Roman - Noir

La Crève

Social - Vengeance - Guerre MAJ vendredi 01 octobre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition



Prix: 6,5 €

Frédéric Dard
Olivier Balez (illustrateur de couverture)
Paris : Fleuve noir, septembre 2010
152 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-265-08956-3

Sombre Libération

Cachés dans une mansarde, une famille de collaborateurs tente d'échapper aux actions punitives des maquisards. Albert et Constance, parents éplorés, veulent se persuader qu'ils peuvent encore être absous de leurs actions. Mais leurs enfants (Hélène, maîtresse d'un officier allemand, et Petit Louis, milicien hargneux et cynique) sentent bien, eux, que l'issue fatale est proche. L'enfermement et l'attente insupportables deviennent le prétexte à des règlements de comptes sordides.
Il était temps que les éditions Fleuve noir ressortent cette œuvre incontournable de Frédéric Dard, écrite en 1946, et dans laquelle s'expriment à la fois son humanisme écorché et son pessimisme le plus sombre.
Ce roman est cathartique. Le jeune Frédéric Dard a vécu l'Occupation comme la Libération à Lyon. La Libération, ses joies, la liesse, mais aussi ses excès, l'épuration, les procès arbitraires et les exécutions sommaires. Il y a assisté et cette expérience traumatisante le marqua à jamais, ancrant profondément en lui le sentiment que l'homme est foncièrement mauvais et capable du pire. Il fallait donc que ces visions transparaissent dans ce récit d'une rare noirceur, où l'écrivain réussit le tour de force de ne jamais condamner, ni absoudre, ses personnages pour leurs actes. La description des personnages est tout en subtilité, avec leurs failles et leurs horreurs. Et la construction du roman est telle que le suspense et la tension ne baissent jamais d'intensité.
Ce huis-clos est un formidable témoignage historique, sombre, tendu, sans excès ni compromis. Un excellent Dard.

Citation

Nous autres avons tant besoin d'un Dieu et ce sont nos parents qui le possèdent.

Rédacteur: Maxime Gillio jeudi 30 septembre 2010
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page