L'Or et le sang 1 : l'appel du large

Étrange société que celle où l'on rejette la notion d'intimité, de vie privée, de solitude. De déroutante manière, les gens en venaient à payer pour fliquer ou être fliqués, dans chaque aspect, à chaque seconde de leur vie. Nul besoin d'un pouvoir coercitif pour l'imposer. Tous le réclamaient, le mettaient en place. Aucune civilisation antérieure n'était parvenue à ce résultat sans provoquer de puissants mouvements de rejet, de résistance ou de rébellion.
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Bande dessinée - Aventure

L'Or et le sang 1 : l'appel du large

Guerre - Trafic MAJ mercredi 06 octobre 2010

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit



Prix: 13 €

Maurin Defrance & Fabien Nury (scénario), Merwan Chabane & Fabien Bedouel (dessin)
Romain Trystram (coloriste)
Paris : 12 bis, août 2009
56 p. ; illustrations en couleur ; 32 x 24 cm
ISBN 978-2-35648-050-7

Au commencement était un hérisson alcoolique

Un homme raconte à un enfant son épopée avec un prince du Djebel, entamée dans l'horreur des tranchées pendant la Première Guerre mondiale. Ça comence par des histoires d'animaux. Des oiseaux pendus à des hameçons à un arbre dont ils ont voulu manger les fruits et un hérisson-vigie qui boit du vin dans un casque de poilu, et qui décampe aux moindres vibrations du sol annonciatrices d'une avancée ennemie. D'ailleurs, c'est reclus dans un trou d'obus en plein déluge ennemi que trois hommes vont forger une amitié étonnante. On y retrouve une petite frappe corse du port de Marseille, un aristocrate forte tête et un spahi. Le retour à la vie civile va déstabiliser les deux premiers, qui vont finir par se retrouver, mener une vie de débauche puis entamer la contrebande d'armes pour des rebelles berbères en lutte contre l'Espagne. Hésitant entre Barberousse et Rimbaud, ils décident de suivre une voie aventureuse de gentilshommes de fortune et d'affronter la pègre en place sur la Canebière pour aller au-delà de leurs idéaux.
Tout va à cent à l'heure dans ce premier album où la violence éclate et est omniprésente. Que ce soit celle de la guerre dans toutes son horreur, avec des baïonnettes qui tranchent dans le vif des sujets de la République, ou dans cette apparente quiétude bourgeoise pleine de bonnes manières que dans ce besoin de profiter d'une vie de débauche après avoir frôlé une mort certaine et avant d'en affronter une autre plus incertaine mais tellement plus aventureuse. Car c'est avant tout l'histoire de soldats d'infortune, qui s'attachent à un rêve fou pour ne pas sombrer dans la folie et courir à la mort en débandade. Tout est dans le regard sombre de ces êtres, leurs passages dans des vignettes en bichromie, le côté minimaliste des dialogues et ces explosions de bombes, de balles, de bouchons de champagne. Une épopée entre Rimbaud, Lawrence d'Arabie et Corto Maltese synonyme d'une époque révolue.

Citation

- Le sang d'Arudj me coule dans les veines !!!
- On est ses héritiers, Léon ! Des pirates, des forbans, des guerriers... mais des hommes libres !!!

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 28 septembre 2010
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