Julia, morte deux fois

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mardi 14 août

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Roman - Policier

Julia, morte deux fois

Procédure MAJ jeudi 23 septembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 9 €

Emmanuel Sys
Villeneuve-d'Ascq : Ravet-Anceau, mars 2010
184 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-35973-084-5
Coll. "Polars en Nord", 58

Passé à recomposer

Grâce à une émission de télé, un témoin se présente à la police et fournit un alibi à un condamné, accusé d'un crime odieux. Mais ce même condamné a eu le temps de mourir dans l'intervalle en prison. La police lilloise, dix ans après les faits, doit cependant rouvrir l'enquête. Difficile surtout lorsque le quotidien est pesant.
Le roman joue sur des grands thèmes classiques de la littérature policière, et notamment sur celui de la procédure. Nous suivons les pistes, réelles ou fausses, qui tournent autour d'un crime ancien. Ce décalage temporel permet des variantes intéressantes dans la mesure où les personnages ont évolué, où les oublis se sont faits dans les esprits des témoins. Cela montre également à quel point la police dispose d'une mémoire de corps impressionnante. Sans créer un suspense haletant, Emmanuel Sys parvient à décrire de fausses pistes crédibles qui aiguillent le lecteur en douceur vers des chausse-trappes.
Là, les fausses pistes cachent totalement l'identité du véritable tueur qui n'apparaît qu'à la fin sans que cela ne semble surjoué ou en voulant tromper le lecteur mais comme une application concrète d'un cas pathologique, ce qui confère au roman une deuxième dimension.
À un moment, la jeune inspectrice en instance de divorce "s'offre" une équipée en Hollande pour les besoins de l'enquête. Elle rencontre un policier hollandais qui lui sert d'interprète. Dans le plat pays brumeux, un rayon de soleil, une possibilité sentimentale s'ouvre doucement, tout de suite fermée par la rencontre avec le suspect, innocent sans doute mais effrayant sûrement.
Mais c'est dans cette description des à-côtés, dans la vie des policiers et leurs démêlés conjugaux, dans l'atmosphère qui se dégage ainsi du roman, que l'on découvre la troisième dimension, peut-être la plus intéressante. Le nombre limité de pages permet de décrire une situation, d'en évoquer les tenants et aboutissants sans perdre de temps, ni rendre cet aspect pesant. L'interaction entre les éléments particuliers du quotidien, la minutie de l'enquête avec ses interrogatoires, ses allers-retours vers les protagonistes du drame, constitue le cœur d'un roman intelligent et bien monté.

Citation

L'inspecteur Millecamps [...] imaginait de quelle manière il utiliserait les millions d'euros qu'il empocherait s'il gagnait dimanche au concours de pronostics sportifs.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 16 septembre 2010
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