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N'empêche, on est bien comme des cons avec l'autre pute... Au départ, on vient pour lui dire qu'on va la kidnapper et au final, on la kidnappe pas et c'est elle qui nous tient par les couilles.
Philippe Lefebvre - Le Siffleur
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

1994
Il est très symbolique que le troisième roman d'Adlène Meddi s'ouvre et se clôture par une scène ...
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lundi 15 octobre

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Pour Franck Thilliez, la vie est un long Fleuve noir tranquille

Lundi 20 septembre 2010 - Franck Thilliez m'a donné rendez-vous station Mairie d'Issy. Il doit aller enregistrer une émission dans les studios de France Télévision. Comme une jouvencelle se rendant à son premier concert de Tokyo Hotel, j'exulte, je trépigne, je rigole tout seul, je pleure. Une vraie midinette hystérique. Si je dis que j'adore ce type, je serai encore en-dessous de la vérité. Devant la bouche de métro, je sens discrètement mes aisselles. Je ne voudrais pas être trahi par mes émotions. Je le vois qui arrive. On discute un peu sur le chemin du studio. Après l'enregistrement, un déjeuner place d'Italie puis direction les locaux de Fleuve noir, où il est accueilli comme un Prince. L'interview peut débuter.
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© D. R.



k-libre : Bonjour Franck. Tu sors de l'enregistrement d'une émission pour France 2 (Dans quelle étagère ?) qui lance le début de la campagne de promotion de ton nouveau roman. Tes proches te chambrent souvent parce que tu es quelqu'un d'assez réservé et pas très loquace. Est-ce que tu te fais violence lors de ces interviews ?
Franck Thilliez : Ça dépend desquelles en fait. J'aime bien faire des interviews, parce que ça permet de parler du livre et surtout d'expliquer tout ce qu'on a pu traverser durant toute une année d'écriture, d'extérioriser tout ça, parce que comme c'est un travail super solitaire, à un moment donné on a envie d'en parler, d'expliquer ce qu'on a fait et pourquoi. Les interviews j'aime bien, mais c'est vrai que pour moi c'est un exercice difficile. Surtout la télé, parce que j'ai tendance à stresser facilement, peur de bafouiller. C'est vrai que là, j'ai tendance à me faire violence. Sinon, en général ça se passe bien. Là, ce midi, ça s'est bien passé avec Monique Atlan. Pour les conférences, c'est encore autre chose. Je ne suis pas toujours à l'aise, ça dépend des sujets. Si c'est des choses avec lesquelles je me sens proche, qui font partie de mon univers, ça va encore, mais dès qu'on s'éloigne un peu de ce que je connais, j'ai un peu de mal. Pendant les conférences, je préfère écouter que parler. Je suis de nature un peu timide, heureusement, ça ne se voit pas dans les livres.

Je l'écoute la bouche grande ouverte, la mâchoire prête à se décrocher. Je me rends compte qu'un filet de bave a coulé sur mon menton. D'un discret revers de la main, j'essuie la trainée d'escargot.

k-libre : Ton nouveau roman, Le Syndrome [E], marque la rencontre entre deux des tes héros. Henebelle et Sharko. Qu'est-ce qui t'a donné envie de les faire se rencontrer ?
Franck Thilliez : C'est parti d'une demande des lecteurs. Ce sont des personnages que j'aime beaucoup. J'ai écrit avec eux, deux livres chacun. Deux avec Henebelle, et deux avec Sharko. Le dernier avec Sharko, c'était Deuil de miel en 2006. Ça fait déjà quatre ans qu'il a disparu et trois ans pour Lucie Henebelle. Je m'étais toujours dit qu'ils reviendraient à un moment. Mais il fallait qu'ils se reposent car ils avaient quand même bien soufferts, surtout Sharko qui n'a pas été épargné. Pour ce roman-là, j'avais envie d'en faire revenir un, et les lecteurs demandaient beaucoup : "Sharko, quand est-ce qu'il revient ?". J'étais donc partie avec l'idée de le faire revenir. Et puis comme d'autres personnes me parlaient d'Henebelle, je me suis senti un peu partagé, en me demandant ce que je devais faire en définitive. Et je me suis dit que ce serait pas mal de les regrouper dans une même histoire. J'étais assez content quand j'ai eu cette idée-là. Mais fallait pas que ce soit artificiel. Ce sont des personnages qui ont chacun leur vie, on peut le voir dans les romans. Elle habite le Nord, elle a son caractère, tout son passé. Lui est parisien, assez fracassé par la vie. Il fallait que je trouve le moyen de les faire se rencontrer, de façon progressive. Je voulais qu'il y ait une sorte d'attrait qui se fasse, un peu comme si le destin avait décidé de les rapprocher, d'en faire un couple d'enquêteur. Et peut-être un couple... Qui sait !

k-libre : En lisant Le Syndrome [E], il y a quelques passages qui rappellent La Conspiration des ténèbres, de Théodore Roszack. T'es-tu appuyé sur ce chef-d'œuvre pour ton roman ?
Franck Thilliez : C'est un roman qui m'a inspiré. Quand je conçois un roman, ça s'auto-alimente. Je voulais que le roman raconte quelque chose de véridique, de trouver un fait de société qui a réellement existé et que les gens ne connaissent pas forcément. J'ai réussi à en trouver un qui a existé à une époque, quelque chose de monstrueux, qui s'est passé dans les années 1950. À partir de là, j'ai dû faire des recherches sur tels et tels domaines, et ensuite j'ai commencé à assembler mes pièces de puzzle. Comme le nœud de l'intrigue se passe à une époque qui est révolue, c'était il y a soixante ans, et que mon enquête est contemporaine, avec des cadavres qui sont bien là physiquement, fallait que je trouve une astuce pour exposer ce qui s'était passé il y a soixante ans dans le présent. J'ai eu l'idée, et là, c'est la partie Lucie Henebelle qui s'en occupe au début du roman, de faire intervenir une vieille bobine, un vieux film dans lequel il y aurait des choses de cachées. Je me suis demandé si c'était faisable. J'avais entendu parler des images subliminales. Mais j'avais plusieurs questions : une bobine comment ça marche ? Qu'est-ce qu'on peut faire à partir d'une bobine ? Est-ce qu'on peut retrouver les personnes qui ont fait le film ? Quelles sont les informations sur le support physique ? Est-ce qu'on peut retrouver les acteurs ? Est-ce qu'il y a des spécialistes de ça ? C'est là que j'ai commencé à faire des recherches. Des recherches dans les recherches. Forcément, quand on fait des recherches sur le cinéma, on tombe sur ce fameux livre La Conspiration des ténèbres. Donc je l'ai lu. Il y avait des sujets que je voulais évoquer et que cet auteur avait bien développés. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce livre. Je pense que tous les amoureux du cinéma peuvent lire ce roman. Ça m'a donné des idées et ça m'a aidé à construire certains passages de mes chapitres.

Un drôle de bruit résonne dans la pièce. Des coups sourds et rapides. Il me faut de longues secondes avant de comprendre qu'il s'agit des battements de mon cœur. L'excitation est trop forte. Je suis à la limite de l'infarctus. M'en fous. Dieu est en face de moi.

k-libre : Le Syndrome [E] signe la fin de ta collaboration avec les éditions Le Passage et le début d'une nouvelle aventure chez Fleuve noir. Pourquoi as-tu quitté une maison dans laquelle tu étais un peu la locomotive des ventes ?
Franck Thilliez : Le Passage, j'ai écrit cinq romans chez eux. On a vécu une aventure extraordinaire. Ils m'ont permis de me faire connaître en tant qu'auteur. En fait, Le Passage et moi, on a grandi en même temps. Je pense que ça fait partie des choses de la vie à un moment donné, d'avoir envie de découvrir de nouvelles choses. Avant d'arrêter mon travail, quand j'étais informaticien, j'avais exercé pendant huit ans et j'ai changé trois fois d'entreprise. Parce que j'avais envie de découvrir d'autres choses. Ben là, c'est pareil dans l'édition. J'avais envie de découvrir une autre maison. J'ai aussi fait ça parce que pour moi, les livres de poche sont très importants. Pocket et Fleuve noir font partie d'une maison qui s'appelle Univers poche, et ils travaillent ensemble. Je trouve que les livres de poche sont des beaux livres. Quand j'étais plus jeune, ça me faisait rêver tous ces livres de poche. Et Laurent Boudin, qui s'occupe des éditions Pocket est un ami. Il m'a présenté aux éditeurs de Fleuve noir et ça s'est très bien passé. Une chose très importante aussi, c'est que Fleuve noir a un très beau catalogue d'auteurs de thrillers, mais malgré tout, ils n'hésitent pas à prendre des auteurs moins connus parce qu'ils ont la volonté de faire découvrir des auteurs. Je me sens bien ici. Je pense que mes livres auront une bonne place dans leur collection.

k-libre : De nombreux auteurs, dont certains sont de tes amis, disent de toi que tu es un génie, un auteur au-dessus du lot. Malgré ces éloges, tu restes quelqu'un de simple et d'humble. Quelle est ta recette pour ne pas avoir la grosse tête ?
Franck Thilliez : Au-dessus du lot ? Je n'aurai pas cette prétention. Quand on écrit, il faut avoir un vrai respect du lecteur. À chaque fois que je vais créer une histoire, je vais dire : "est-ce que le lecteur va aimer cette histoire ? Est-ce qu'il va se sentir à l'aise avec cette histoire ? Est-ce qu'il va me reconnaître dans cette histoire ? Est-ce que cette histoire va correspondre à ses attentes vis-à-vis de moi par rapport à un nouveau livre ?" C'est vraiment ma motivation première. Procurer du plaisir au lecteur et me dire que j'ai fait ce qu'il fallait faire. Je suis quelqu'un qui aime être proche des gens et ne montre pas sa différence. Je ne viens pas d'un milieu littéraire. Je viens d'un milieu assez simple. J'habite le bassin minier. J'avais des grands-parents qui bossaient à l'usine ou à la mine, et ça, ce sont des choses qui ne se perdent pas. Il y a aucune raison de changer ça. J'ai envie de rester comme je suis. Le jour où j'écrirais en pensant à autre chose que donner du plaisir aux lecteurs, je commencerai à me poser des questions.

Le plaisir. Parlons-en. Depuis le début de notre rendez-vous j'ai l'impression d'être un gamin dans une usine de confiseries.

k-libre : Avec Obsessions, qui est ton premier scénario, tu as mis le pied dans l'univers télévisuel. Tu as envie de renouveler l'expérience ?
Franck Thilliez : Le livre occupera toujours la plus grande place. C'est ma liberté, je fais ce que je veux quand j'écris un livre, je suis tout seul, et ça c'est un vrai plaisir. Après, j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire pour la télé, à créer une histoire qui se transforme en film. C'est particulièrement jouissif de se dire que ce qu'on va écrire, il va y avoir des gens qui vont le vivre, qui vont le retranscrire et qu'on va pouvoir le voir à la télévision ou au cinéma. C'est quelque chose de différent de l'écriture d'un roman. C'est deux choses qui se complètent bien. D'un côté un travail d'écriture qui est beaucoup plus solitaire, introverti, très très pointilleux. Et de l'autre côté, l'écriture de scénario qui elle, permet de voir des gens, permet de discuter en groupe de telle scène, de telle orientation du film. C'est très visuel. Mais on a moins de liberté. Dans un roman, si on veut faire exploser une voiture, on le fait. À la télé, on ne peut pas. Il y a des contraintes économiques, d'autres personnes qui interviennent qui ne sont pas du même avis que soi. C'est un autre exercice, bien plaisant, et qui permet de continuer à faire travailler l'imaginaire d'une autre façon. Et c'est important. Pour écrire, il faut de l'entrainement. Pour continuer à avoir des idées, il faut en chercher. Ça fait faire du sport au cerveau, donc ça ne peut être que bénéfique.

k-libre : Et l'écriture d'un scénario pour le cinéma ?
Franck Thilliez : Ça pourrait me tenter. Pour le moment, je ne cherche pas vraiment à en faire. Je ne vais pas au contact des maisons de production, je ne propose pas d'idée, parce que je suis plongé dans mes livres. Quand je fais quelque chose pour la télé, ça me suffit. C'est surtout par faute de temps. Mais pourquoi pas travailler un jour sur l'adaptation d'un des mes romans ?

k-libre : Si c'est Scorsese, tu dis pas non ?
Franck Thilliez : Oui, voilà. Ça dépend qui m'appelle. [Rires.]

k-libre : On observe l'apparition de plus en plus de projets autour du polar et du roman noir. Derniers en date, un roman participatif imaginé par TF1 et Plon, et L'Exquise nouvelle sur Facebook à laquelle tu as contribué. As-tu l'impression que le genre est en train de gagner ses lettres de noblesse et commence à être reconnu ?
Franck Thilliez : Oui. Clairement, ce genre littéraire gagne en lettres de noblesse. Il y a de plus en plus de lecteurs. Ça, on le doit à des gros succès : Dan Brown, Millenium... qui amènent des gens qui n'auraient jamais lus de polars à la lecture de polars. Avec Millenium, c'est clair, on a dépassé le nombre de lecteurs qu'il n'y a de lecteurs de polars en France. Donc forcément, les gens ont eu une vision différente du polar. Et puis on s'éloigne de l'idée du roman écrit vite fait sur un coin de table, qu'on va lire vite fait en sortant du boulot, le livre sympa mais sans plus. On a maintenant de vraies histoires, de vraies approches, des faits de société y sont traités. Les auteurs par l'intermédiaire de l'histoire peuvent aborder des thèmes sensibles. Et puis, comme tu le disais, avec le roman participatif, ou encore le concours Thrillermania, ça permet de donner la chance aux gens qui aiment écrire, pas forcément d'être édités, mais d'approcher un peu le milieu de l'édition. Ce sont des choses qu'on ne voyait pas il y a quelques années. Ça évolue dans le bon sens. Le clivage littérature blanche et littérature noire existe toujours, mais on commence à avoir des émissions littéraires qui invitent des auteurs de romans policier. C'est plutôt bon signe.

k-libre : Tu fais partie de la LDI, qui regroupe des auteurs à petits succès tels Maxime Chattam, Bernard Werber, Patrick Bauwen ou encore ton super pote Laurent Scalèse. Où en est votre projet d'un recueil de nouvelles commun ?
Franck Thilliez : Euh... Ça avance, ça avance. Ce groupe est une réunion de personnalités, d'auteurs qui ont tous des univers qui sont à la fois communs et différents. On a l'univers de l'imaginaire qui est en commun. Pour le moment, on dessine les grandes lignes, il faut qu'on fasse avec nos plannings respectifs. Ce qui est important, c'est que les gens nous reconnaissent. Ce qu'on a envie de faire cette année, c'est d'aller vers eux. On aimerait pouvoir aller dans les classes de seconde, les classes de première et parler avec eux de la littérature de l'imaginaire. Aller dans les petites librairies faire des séances de dédicaces, et pas forcément dans les grandes.

k-libre : Depuis sa création, la LDI proclame que c'est un groupe ouvert et qu'il est prêt à accueillir d'autres auteurs. Aujourd'hui, le nombre de membres n'a pas évolué. Il n'y a pas d'auteurs français en mesure d'intégrer la Ligue ?
Franck Thilliez : Si, il y en a plein. Par exemple, des auteurs comme Nathalie Hug et Jérôme Camut y méritent amplement leur place. Ils sont des auteurs de thrillers et de l'imaginaire, Après, il y a plusieurs choses. Il faut déjà qu'on arrive à définir nous-même comment bien faire fonctionner le groupe, bien rôder les choses pour pouvoir après faire des rencontres, et intégrer de nouvelles personnes qui voudraient faire partie du groupe. Après, il faut que les personnes partagent les valeurs du groupe...

k-libre : Je l'interromps. Comme le vin chilien ?
Franck Thilliez : [Rires.] Ouais, ouais, le vin chilien. Et puis les pizzas surtout. Et puis il est indispensable d'avoir sa peluche marmotte. Mais non, il n'y a pas la volonté de se dire, voilà on est à dix, on reste à dix, plus personne ne va venir et puis on va faire un groupe où on va dire du mal des autres. Ce n'est pas du tout la démarche. On veut juste exister et faire auréoler certaines choses. C'est quelque chose d'assez simple et trivial. Donc, non, on est absolument pas fermé à d'autres personnes, mais faire fonctionner des groupes c'est difficile, et plus on est nombreux, plus ce sera difficile. Déjà, que les choses marchent bien avec ce groupe-là, qu'il y ait plusieurs actions qui soient faites et concrètes, et après si il y a d'autres personnes qui veulent venir, il n'y a pas de soucis.

k-libre : Dans beaucoup de tes romans, on retrouve des aspects psychologiques, psychiatriques et l'évocation de sujets de société assez sombres. Quelle est ton image de cette société ?
Franck Thilliez : Je n'ai pas forcément une vision noire de la société. Je sais qu'il se passe des choses. On vit dans une société difficile. Il y a de plus en plus de gens qui souffrent, qui sont malheureux, qui ne voient pas un horizon coloré, la réalité elle est là. Pour mes romans, les problèmes concrets actuels de société, ça m'intéresse moins. Il y a des gens qui font ça très bien. Moi ce qui m'intéresse, parce que j'ai une formation scientifique, c'est tout ce qui a attrait à la science, tout ce qu'elle peut expliquer dans les comportements humains. Ce qui fait que dans l'humain, des personnes vont être différentes des autres, surtout du côté sombre de la personnalité. Et les dérives par rapport à ça. Si on est quelqu'un de mal attentionné, voir tout ce qu'on peut faire aujourd'hui pour faire du mal. Ça, ça m'intéresse, donc je creuse dans ces domaines-là. En creusant, on se rend compte qu'il y a des choses qui ont existé, des choses qui existent depuis l'aube des temps. C'est ce que j'ai envie de retranscrire. Dans Le Syndrome [E], je voulais m'intéresser au départ à comment se véhiculait la violence aujourd'hui. Dans des sociétés de plus en plus violentes, le rôle de l'image est important. On voit par jour environ trois cent mille images et il y a un pourcentage énorme d'images violentes, et on est confronté à ça dès l'âge de cinq ou six ans alors qu'avant ça n'existait pas. Plus les jeux vidéo, Internet. Tout cela a des impacts qui ont changé la société. Lors de mes recherches, j'ai découvert que déjà dans les années 1960, il y avait déjà des expériences par rapport à des images qu'on projetait à des gens, des sons qu'on leur passait dans les oreilles. Des manipulations du cerveau.

k-libre : Quels sont les projets de Franck Thilliez pour les mois à venir ?
Franck Thilliez : Le Syndrome [E] en fait, entre dans le cadre d'un diptyque. J'écris un deuxième roman, qui va certainement s'appeler Gataca, qui va traiter du thème de la violence d'une autre façon. Dans Le Syndrome [E], je m'intéresse à comment la violence peut se propager dans le monde contemporain aujourd'hui entre les individus. Il y a une approche horizontale de la violence. Dans Gataca, je vais le traiter de manière verticale, c'est-à-dire temporelle. Est-ce que la violence se transmet de manière génétique ? Est-ce que cela se transmet de manière culturelle ? Comment est arrivée la violence, au tout début, dès les tout premiers hommes ? Le défi est assez important parce que je vais essayer de retranscrire tout ça, dans une enquête contemporaine. C'est un roman qui va parler de l'Évolution, avec un grand E. Comment les espèces ont évoluées? Pourquoi les hommes sont comme ça aujourd'hui ?... Gataca va reprendre les personnages de Lucie et Sharko. L'histoire du Syndrome [E] est terminée, l'énigme est résolue mais leur histoire à eux n'est pas terminée. Tout à la fin il se passe quelque chose, et Gataca débute comme si on venait de fermer Le Syndrome [E]. Ce sera un roman qui parlera aussi du darwinisne, de la biologie évolutive, de l'anthropologie et de l'Adn. Des sujets que je ne connaissais pas vraiment. Normalement, la sortie est prévue pour avril 2011.

k-libre : Franck, est-ce que tu aimes les films de gladiateurs ?
Franck Thilliez : [Rires.] Oui, j'adore les films de gladiateurs. Surtout ceux dans lesquels on se bat avec de grandes épées.

Rhâââ lovely. Non, vraiment. Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, mais j'adore ce mec. Tiens ! Je crois que j'ai mouillé mon pantalon.


Liens : Franck Thilliez | Le Syndrome [E] Propos recueillis par Fabien Hérisson

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