Dépêche | Crimes en boîtes à Varades (44)

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jeudi 18 juillet

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MAJ jeudi 18 juillet

Crimes en boîtes à Varades (44)
12/06/2015

Crimes en boîtes à Varades (44)
Du 20 au 28 juin la Maison Bonchamps (61, rue La Basse-Meilleraie, 44370 Varades) expose les œuvres de Michel Amelin. Ses fameuses "boîtes judiciaires", bien sûr - des boîtes de bois vitrées, dans lesquelles il a disposé de menus objets, des fragments de papier, des photographies, voire de petites poignées de terre... autant d'éléments d'une narration visuelle que, d'ailleurs, il transcrit, à travers un titre développé en une courte légende - mais aussi des "photographies peintes" qui, sous une forme différentes, expriment la même recherche autour des "indices", des traces, des histoires que l'on (re)construit avec. Au cœur de cette recherche, une interrogation sur la photographie et son rapport avec la réalité - la reproduit-elle ou bien la subvertit-elle ?
Michel Amelin, lui, en plasticien-narrateur de talent, glane ces indices puis les recompose au gré de son inspiration en autant d'historiettes plastiques, où le souci esthétique sert une narration ouverte, à peine amorcée par titres et légendes.
Il n'y a hélas que fort peu de temps pour voir l'exposition : la Maison Bonchamps n'est ouverte que le samedi et le dimanche, de 15 heures à 19 heures. Ce qui, sur une durée annoncée de huit jours ne laisse au bas mot que quatre après-midi de quatre heures chacune pour admirer les œuvres de Michel Amelin. De toutes petites fenêtres, pour des boîtes elles-mêmes voulues comme des "vide-fonds-de-tiroir", des réceptacles à secrets - bref, des espaces gigognes un peu labyrinthiques, comme le sont souvent les... cadres romanesques des polars, ou encore les tréfonds où se cachent ces secrets pousse-au-crime. Mises en abyme/mises en boîtes...

L'auteur a créé un site où l'on peut voir, et lire, toutes ses boîtes. La n°Â 16, L'Affaire Alvarez , m'a particulièrement plu, aussi me suis-je permis d'utiliser la photo qu'en publie Michel Amelin pour donner une image à cette dépêche. Et j'en reproduis ci-après la légende :
"Jaloux d'une relation avec un autre danseur, il découpe sa maîtresse et la cache dans son jardin.
Ces têtes de mannequins de coiffure aux cheveux véritables sont idéales pour les histoires de cadavres coupés en morceaux. Sur le haut du crâne, quand les mèches s'écartent, on croit voir une véritable peau. C'est assez saisissant" (Michel Amelin, boîte judiciaire n°Â 16 : L'Affaire Alvarez).


Liens : Michel Amelin

Par Isabelle Roche

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