Dépêche | "Images à charges", au BAL (75)

J'ai essayé de ma rappeler à quoi ressemblait la blessure.Il y avait une plaie importante sur la tempe gauche, qui avait saigné, et l'os était fracturé. Un coup porté violemment avec un chandelier aurait pu provoquer ce genre de commotion.
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dimanche 24 mars

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MAJ dimanche 24 mars

"Images à charges", au BAL (75)
01/06/2015


Dès lors qu'il a été possible de conserver durablement une image obtenue par noircissement des sels d'argent sous l'action de la lumière grâce à la fixation par l'hyposulfite de sodium - soit au début du XIXe siècle - on a pu mesurer combien la photographie - car c'est bien d'elle qu'il s'agit - était supérieure au dessin, et à toute autre technique graphique, pour restituer le monde environnant, fût-il, d'abord, sans couleurs. Et si, d'emblée, la photographie s'est élaborée par rapport à des critères empruntés aux lois de la peinture et liés à l'esthétique (en termes, par exemple, de composition), elle a, aussi, eu tout de suite des usages strictement documentaires. La photographie-nomenclature, érigée en document de référence, s'est ainsi imposée comme "pièce à conviction", certes pour témoigner des observations scientifiques, expérimentales ou faites en milieu naturel, mais aussi dans le cadre d'enquêtes criminelles - et l'on sait quelle place occupe l'image photographique dans le système d'anthropométrie judiciaire instauré par Alphonse Bertillon.
Depuis les premiers clichés de scènes de crime au XIXe siècle, l'exposition organisée par le BAL* du 4 juin au 30 août 2015, "Images à charge", entend montrer, à travers onze cas précisément situés dans leur contexte, comment se construisent ces images-preuves, comment on les utilise et quelle est, au fond, leur finalité. Cette exposition, conçue par Diane Dufour avec Luce Lebart, Christian Delage et Eyal Weizman, est la première du lieu qui soit uniquement thématique, sans artiste et sans "œuvre" à proprement parler.

* Le BAL en quelques lignes
Le nom du lieu n'a rien d’acronymique, ni de siglique – ça s'appelle "le BAL" tout simplement parce que cet espace a été aménagé dans une ancienne salle de bal des années Folles acquise par la mairie de Paris en 2006. Transformée par deux jeunes architectes – Thomas Dubuisson et Caroline Barat – elle a accueilli un projet initié par l'association des Amis de Magnum, présidée par Raymond Depardon : témoigner de toutes les formes que peut revêtir l'image-document – la photographie bien sûr mais aussi le film, la vidéo, et toutes les possibilités iconiques que proposent les "nouveaux médias". Cette monstration du rapport de l'image au réel – et par voie de conséquence des auteurs de ces images au monde qui les entoure – s'opère à travers l'organisation d'expositions temporaires, de conférences-débats, de rencontres avec divers acteurs du monde de l'image... mais aussi par le biais d'une plate-forme pédagogique, "la fabrique du regard". Le BAL est également éditeur, libraire...

Tout est expliqué là mais c'est encore mieux d'aller sur place :

Le BAL
6, impasse de la Défense - 75018 Paris.
Ouvert du mercredi au vendredi de 12 heures à 20 heures, le samedi de 11 heures à 20 heures et le dimanche de 11 heures à 19 heures. Nocturne le jeudi jusqu'à 22 heures.
Entrée : 5 € (tarif réduit : 4 €Â ; gratuité sous certaines conditions).



Par Isabelle Roche

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