Dépêche | Résurrection lupinienne pour Adrien Goetz

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MAJ jeudi 16 août

Résurrection lupinienne pour Adrien Goetz
02/05/2015

Résurrection lupinienne pour Adrien Goetz
Adrien Goetz, historien de l'art, critique, également romancier, pourrait à juste titre réclamer sur ce site une place de choix, pour plusieurs très bonnes raisons. La première étant qu'il a inscrit au cœur de la plupart de ses fictions artistiques une énigme, un mystère : La Dormeuse de Naples (Le Passage, 2004) a pour "personnage central" un tableau d'Ingres qui a disparu lors d'un pillage en 1815 et qui n'a jamais été retrouvé - une enquête est donc à mener. Dans Une légende dorée (Le Passage, 2005), un jeune dandy américain part à la recherche des fragments dispersés d'un tableau de la Renaissance...
La deuxième très bonne raison qui ferait d'Adrien Goetz un hôte fort bien k-libré est qu'il est le créateur d'une série policière publiée chez Grasset : "Les enquêtes de Pénélope", dont le premier volume, Intrigue à l'anglaise (2007), lui a valu de recevoir le prix Arsène Lupin 2008.
Et la troisième très bonne raison qui imposerait Adrien Goetz dans ces pages au-delà de la dépêche est qu'il vient de ressusciter... Arsène Lupin justement, en publiant, toujours chez Grasset, La Nouvelle Vie d'Arsène Lupin. Avec, paraît-il, la bénédiction de Florence Boespflug-Leblanc, la petite-fille de Maurice Leblanc, ainsi qu'il le précise sur France Culture au micro de Christian Ono-Dit-Biot dans l'émission Le Temps des écrivains du 2 mai 2015*.
Voici donc sous sa plume "le plus grand des voleurs" sévissant sur les réseaux sociaux, et croisant le chemin d'une comtesse de Cagliostro devenue une chef d'entreprise un peu couguar sur les bords... Et le romancier d'étayer chacun des choix fictionnels qu'il évoque par de solides références à l'œuvre de Maurice Leblanc. Mais son travail préparatoire a été poussé bien plus loin que la seule lecture des aventures canoniques du gentleman cambrioleur : il a entrepris de (re)lire les auteurs dont s'était avant lui nourri Maurice Leblanc, notamment Gustave Flaubert et Alexandre Dumas, sans oublier Guy de Maupassant.
Une fois éteint le poste de radio, et sans m'attarder plus que cela sur la légitimité qu'a, ou n'a pas, un romancier de s'approprier un héros créé par un prédécesseur pour lui faire vivre une nouvelle vie, je me suis dit que seuls les lecteurs connaissant déjà parfaitement le "canon" lupinien et Maurice Leblanc dans toutes ses œuvres littéraire pourront vraiment "recevoir" ce roman. Car son charme réside à l'évidence dans la subtilité des allusions et références - or que deviennent-elles dans l'esprit de qui n'a jamais mis les pieds dans les romans de Maurice Leblanc ?

* Le Temps des écrivains est une émission de France Culture diffusée tous les samedis de 17 heures à 18 heures. Le principe : Christophe Ono-Dit-Biot invite à son micro trois écrivains venant de publier un ouvrage illustrant un thème général. Ce samedi 2 mai 2015, il était question de l'icône, à la fois image peinte, et figure emblématique. Aux côté d'Adrien Goetz, on découvrait Sandrine Roudeix qui a romancé la dernière nuit de la photographe américaine Diane Arbus (Diane dans le miroir, Mercure de France), et Ingrid Thobois qui s'est, elle, aventurée à écrire autour d'une icône de la psychiatrie, Jeannot le Béarnais, un schizophrène qui a gravé une suite de mots hallucinés sur 15 m2 de plancher, œuvre exposée à l'hôpital Sainte-Anne (Le Plancher de Jeannot, Buchet-Chastel, 2015).


Liens : Maurice Leblanc | Prix Arsène Lupin

Par Isabelle Roche

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