k-libre - auteur - John Ford

On a foutu en l'air notre potentiel. La ville a besoin de nous. On a l'étoffe de héros !
Michel Gondry - The Green Hornet
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

L'Ange rouge
Le nouveau roman de François Médéline nous emmène à Lyon il y a une vingtaine d'années. Une brigade p...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

samedi 16 janvier

Contenu

John Ford

MAJ mercredi 10 octobre 2012
© D. R.

Biographie John Ford


Naissance à Cape Elizabeth le 01 février 1894.
Mort à Palm Desert le 31 août 1973.
John Martin Feeny, dit John Ford, nait dans une famille d'immigrés irlandais. Ultime rejeton de onze enfants, rien ne le prédestine à l'immense carrière de réalisateur qui le verra remporter quatre Oscars. Cette carrière, il la doit peut-être à son frère, Frank, qui partit en 1909 pour la Californie au côté de Gaston Méliès, frère de Georges, pour être acteur et réalisateur de serials pour les studios Universal. En effet, alors que John Ford se prépare à entrer à l'université, son frère lui parle d'Hollywood. Charmé, il le suit.

Là-bas, il joue de petits rôles dans les films de Frank avant de l'assister. Comme toujours dans ces histoires qui ont forgé la légende du cinéma américain, il entame sa carrière de réalisateur lorsqu'il doit remplacer au pied levé un réalisateur absent. C'est The Tornado. Nous sommes en 1917. Ford s'engouffre dans les westerns muets avec l'acteur Harry Cagney. Tous ces films disparaitront à l'exception de trois copies de Le Ranch Diavolo (1917), À l'assaut du boulevard (1917) et Du sang dans la prairie (1919). En 1920, il se marrie avec Mary McBryde Smith avec qui il aura deux enfants, Patrick Michael en 1921 et Barbara en 1922. 1920 est aussi l'année où il débarque à la Fox.

Il commence à voyager en Europe. En Irlande, il retrouve ses racines, et croise un membre de l'IRA. En Allemagne, il découvre le cinéma expressionniste. La mort de William Fox en 1931, l'arrivée du parlant et sa cure de désintoxication alcoolique sont autant d'événements qui aboutissent à une rupture de contrat d'exclusivité avec les studios de la Fox. Réalisateur très coté, il a rencontré en 1928 le scénariste Dudley Nichols qui l'accompagnera de nombreux films durant.

Sa première nomination aux Oscars, il la doit à Arrowsmith, toujours en 1931. En 1934, il entre à la RKO avec La Patrouille perdue, mais c'est toujours à la RKO avec Le Mouchard, qu'il obtient son premier Oscar du Meilleur réalisateur. Le film est le premier à ne pas jouer sur les grands espaces. C'est un film sombre et urbain, qui traite du conflit entre l'Irlande et l'Angleterre, qui montre la pauvreté d'un peuple et le harcèlement de l'occupant.

1936 est un tournant politique dans la vie de John Ford, qui s'engage et soutient les Républicains en Espagne, qui condamne les nazis en Allemagne et incite au boycott. Il revient en 1938 au western avec le méconnu John Wayne. C'est La Chevauchée fantastique. Le film, qui a du mal à convaincre des financiers, rencontre par la suite le succès auprès des critiques, mais doit s'incliner aux Oscars devant Autant en emporte le vent. La seconde carrière western de John Ford est cependant lancée de fort belle manière avec, à ses côtés, un John Wayne qui quitte alors la série B. pour devenir un acteur accompli.

L'adaptation des Raisins de la colère, de John Steinbeck, lui offre son second Oscar en 1941. Avec Qu'elle était verte ma vallée, la consécration est totale. Cinq Oscars (dont ceux du Meilleur film et du Meilleur réalisateur) devant Orson Welles et son Citizen Kane. Mais l'Amérique est aux portes de la guerre. John Ford fonde la Naval Field Photographic Unit dans laquelle les réalisateurs d'Hollywood offrent leurs talents à l'armée. Ford tourne alors des films de propagande du Pacifique - Pearl Harbord, Midway - à Nuremberg en passant par la Birmanie, l'Afrique du Nord et la Normandie. Les Sacrifiés, qu'il tourne en 1945 pour la MGM avec John Wayne, est le seul film dramatique qui se déroule au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Le retour à la vie civile signe aussi le retour au western. John Ford, avec son "Cycle de la cavalerie" revient aux bases de son succès public. C'est d'abord Le Massacre de Fort Apache, puis Le Fils du désert, La Charge héroïque, Le Convoi des braves et enfin Rio Grande. L'homme qui a combattu les idées nazies s'érigent contre le maccarthysme.

Soupçonné de collusion avec les communistes, il est obligé d'adhérer à un mouvement d'opinion très à droite. Son œuvre, déjà très critique vis-à-vis du nationalisme et de la guerre prend une autre dimension lorsqu'il part en Corée filmer une guerre dont il ne comprend pas le but. Il est alors contre-amiral, et demande à être mis en retraite de la Navy. Il revient en Irlande tourner L'Homme tranquille, un projet personnel qu'il traine dans ses valises depuis plus de quinze ans. Il lui permettra d'obtenir un quatrième Oscar de la Meilleure réalisation.

Épuisé par une carrière éprouvante, miné par l'alcoolisme, John Ford trouve cependant la force de tourner Mogambo et La Prisonnière du désert. Tous deux inoubliables par leur casting de rêve (le premier réunit Ava Gardner, Clark Gable et Grace Kelly !, quant au second il propose John Wayne et Natalie Wood). Les dernières années de sa carrière cinématographiques sont entrecoupées par la dépression, l'alcoolisme et ses conséquences. Malgré la noirceur de ses pensées, John Ford tourne encore quelques chefs d'œuvre dont L'Homme qui tua Liberty Valance. Étrangement, sa carrière a suivi celle du western. Ce dernier, en quête de renouveau, traine à trouver un second voire troisième souffle. John Ford s'éteint progressivement et avec lui le mythe du Grand Ouest.

Son œuvre se résume alors en trois mots : western, guerre et racines. Victime d'un accident de la route, miné par l'alcoolisme, rongé par un cancer, contraint à ne plus travaillé et à vendre son yacht sur lequel il venait trouver son réconfort, il reçoit un Lyon d'Or à la Mostra de Venise en 1971, puis la Médaille présidentielle des mains de Richard Nixon en 1973 avant de s'éteindre quelques mois plus tard avec 142 films à son nom...


Bibliographie*

Réalisateur :

Actualité

  • 24/03 Librairie: John Ford et les Indiens sur le Divan (75)
  • 03/12 Cinéma: John Ford immense à la Cinémathèque
  • 07/11 Festival: Livres en tête pour David Vann
  • 04/11 Cinéma: John Ford, John Ford & John Ford - bis
  • 28/10 Cinéma: John Ford, John Ford & John Ford
  • 01/08 Commémoration: Calendrier holmésien d'août
  • 14/06 DVD: Montparnasse brade la RKO
  • 16/10 Cinéma: Polar et égéries hollywoodiennes - Acte IV
  • 01/08 Cinéma: Égéries et série B
    L'Action Christine* en cette période estivale propose une réponse alléchante à l'absence de soleil. Cette semaine, elle nous a choisi quatre films de série B comme on les aime, dont La Tigresse avec le toujours fantastique en "bad guy" Dan Duryea, et que dire du Balafré, avec l'éblouissante Joan Bennett, et Paul Henried qui joue également dans Casablanca au côté de Humphrey Bogart ? Mais il n'y a pas que ces films de seconde zone (parfois bien mieux réalisés que d'autres de série A avec beaucoup moins de moyens financiers), il y a aussi quatre égéries du cinéma noir, d'aventure et de comédie qui sont à l'honneur avec des réalisateurs tels Nicholas Ray, Rouben Mamoulian, John Ford et Anthony Mann. La thématique proposée n'est pas à proprement parler composée uniquement de films noirs malgré la présence de ces femmes fatales hollywoodiennes, le premier est même une comédie (ce qui se comprend lorsque l'on voit Gene Kelly à la co-réalisation), mais les autres font tous partie de ces mauvais genres, même Prince Vaillant avec tout ce que le technicolor a amené à cette époque aux grands épopées...

    Quatre pépites du film noir : richesse de la série B
    "Pépinière de nouveaux auteurs, terrain d'élection de cinéastes chevronnés, la Série B est indissociable de l'ère des grands studios et d'une forme de cinéma hollywoodien tristement disparu depuis une vingtaine d'années. Méprisée par les incompétents paresseux qui ne voyaient en elle que le refuge d'une bande de cinéastes sans talent, confrontés tout à la fois à des sujets sans intérêt et à des budgets de misère, la Série B était au contraire, pour ceux qui voulaient bien la fréquenter, une succession de surprises... C'est dire que, contrairement à une idée souvent répandue, un film de Série B peut être une véritable œuvre d'auteur, produite avec un soin exceptionnel, le même que celui qui présidait à la fabrication de films plus onéreux. La présence des mêmes techniciens, le fait que les scénaristes travaillaient indifféremment pour des films de Série B ou de Série A et surtout la grande modestie des cinéastes hollywoodiens - y compris les plus célèbres - créaient une perpétuelle osmose au sein du studio, entre ces deux types de films."
    Patrick Brion (extraits de la préface de Série B, de Pascal Mérigeau & Stéphane Bourgoin, éditions Edilig)

    - Je dois tuer (Suddenly), un film de Lewis Allen avec Frank Sinatra.
    - La Tigresse (Too Late For Tears), un film de Byron Haskin avec Lizabeth Scott & Dan Duryea.
    - Le Balafré (Hollow Triumph), un film de Steve Sekely avec Paul Henreid & Joan Bennett.
    - Il marchait la nuit (He Walked By Night), un film de Alfred L.. Werken & Anthony Mann avec Richard Basehart.

    Mercredi 1er août :
    Le Balafré (Hollo Triumph), de Steve Sekely (18 h 30, 20 heures & 21 h 30).
    Jeudi 2 août :
    Je dois tuer (Suddenly), de Lewis Allen (18 h 30, 20 heures & 21 h 30).
    Vendredi 3 août :
    La Tigresse (Too Late For Tears), de Byron Haskin (18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Samedi 4 août :
    Il marchait la nuit (He Walked By Night), de Alfred L. Werken & Anthony Mann (14 heures, 15 h 30, 17 heures, 18 h 30, 20 heures & 21 h 30).
    Dimanche 5 août :
    Le Balafré (Hollow Triumph), de Steve Sekely (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Lundi 6 août :
    Je dois tuer (Suddenly), de Lewis Allen (18 h 30, 20 heures & 21 h 30).
    Mardi 7 août :
    La Tigresse (Too Late For Tears), de Byron Haskin (18 heures, 20 heures & 22 heures).

    Actrices magiques : Gene, Janet, Ida & Cyd
    Gene Tierney, Janet Leigh, Ida Lupino et Cyd Charisse, quatre actrices magique sont à l'honneur à l'Action Christine au mois d'août. Éblouissantes !

    Mercredi 1er août :
    Beau fixe sur New York (It's Always Fair Weather), de Stanley Donen & Gene Kelly (18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Jeudi 2 août :
    Les Forbans de la nuit (Night And The City), de Jules Dassin (18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Vendredi 3 août :
    L'Appât (The Naked Spur), de Anthony Mann (18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Samedi 4 août :
    La Maison dans l'ombre (On Dangerous Ground), de Nicholas Ray (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Dimanche 5 août :
    La Belle de Moscou (Silk Stockins), de Rouben Mamoulian (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Lundi 6 août :
    Prince Vaillant (Prince Valiant), de Henry Hathaway (18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Mardi 7 août :
    La Route au tabac (Tobacco Road), de John Ford (18 heures, 20 heures & 22 heures).

    * L'Action Christine
    4, rue Christine
    75006 Paris
    Tél; : 01.43.25.85.78
    contact@actioncinemas.com
    Liens : La Maison dans l'ombre |Il marchait la nuit |Je dois tuer |Patrick Brion |Stéphane Bourgoin |Nicholas Ray |Alfred L. Werker |Anthony Mann |Lewis Allen |Raoul Walsh

  • 17/07 Cinéma: La Nuit du western : Festival Paris quartier d'été
  • 23/11 Cinéma: Film noir : acte III à l'Action Christine
* Bibliographie actuellement recensée sur le site



publicité

Pied de page