k-libre - auteur - José Varéla

D'un seul coup, Sjöberg comprend le pourquoi de ce verbe utilisé au passé. Ce n'est pas que sa mère la croit morte, mais parce que Dewi est devenue une autre.
Carin Gerhardsen - La Dernière carte
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

1994
Il est très symbolique que le troisième roman d'Adlène Meddi s'ouvre et se clôture par une scène ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 14 novembre

Contenu

José Varéla

MAJ lundi 25 octobre 2010

Biographie José Varéla


L'illusion lyrique* : "Varela, le nouveau grand du cinéma français" titrait Michel Cournot sur deux pages dans l'Observateur, en 1967, à la sortie de Mamaïa. Mais cette carrière qui s'annonçait brillante tourne court : Varela, soulevé par la déflagration 68, part en surfant sur des voies parallèles.
"C'est ma mère qui m'a insufflé le goût de la révolte. J'avais cinq ans, je jouais aux petites autos dans la cuisine, sous un tabouret. La lumière s'est éteinte : grève des électriciens. Au lieu de râler contre eux, elle m'a raconté l'exploitation des ouvriers et la force qu'ils ont quand ils s'arrêtent de travailler tous en même temps. Cette image m'a vraiment impressionné et je crois que cette justification maternelle de la révolte a sous-tendu toute mon existence."

À l'époque de Mamaïa, José Varela appartient au Tout-Paris. Sa photo est dans les magazines féminins. Il fréquente la bande Kalfon, Clémenti, Valérie Lagrange, Bulle Ogier. Il passe des nuits à parler cinéma avec Jean Eustache. Il aime Howard Hawks : il a vu trente-cinq fois Rio Bravo !
Les premières manifs de Mai défilent à quelques rues du tournage de son deuxième long métrage, Money, Money. La grève générale arrête le film. José délaisse le cinéma pour les barricades et la Sorbonne. "Je n'avais pas la moindre envie de filmer les événements mais au contraire de les vivre du dedans, sans tricher, en me laissant emporter par cette 'douceur de la révolte' dont parlait Genet. On ne peut pas faire deux choses à la fois : à force de vouloir tirer profit de tout, les cinéastes et journalistes deviennent techniciens de l'image ou de l'écriture, c'est-à-dire des nuisibles."

Au printemps 69, Godard appelle José pour lui proposer de participer au tournage de Vent d'Est. "En ce temps-là, j'avais une grande admiration pour lui. J'allais le voir sur ses tournages. J'étais fasciné par sa désinvolture et son invention poétique. Il avait encore de l'humour et de la folie. Ce n'était pas un donneur de leçon... / ... Le tournage de ce film a constitué pour tous ceux qui y ont participé un moment fort de leur vie. Et pour moi en particulier, un moment clé."
José revient de Rome complètement mao, le Petit Livre rouge et les Quatre Essais philosophiques en poche. Pris à la glu du "tout est politique", il se met à théoriser du matin au soir, à partir des faits les plus anodins : il a attrapé la maladie de l'époque.
En 70, il tourne au bord du lac de Neuchâtel Marie pleine de grâce, avec Pierre Clémenti, Jean-Pierre Bisson, Jean-Pierre Kalfon et Nathalie Chanterel, un cri d'amour politique inspiré par la vie de Rosa Luxembourg et financé par souscription. Le résultat aussi indigeste que Vent d'Est, ne dépassera pas le stade des projections privées.
En 71, il obtient une avance sur recettes pour La Déménageuse. Karmitz et Godard lui demandent d'offrir les deux cent mille francs de l'avance (bien cent cinquante mille euros d'aujourd'hui) au mouvement, pour faire un film collectif qui serait réalisé par Godard et Gorin. Que ne ferait-on pas pour servir le peuple ? Il accepte. "Mais le film ne s'est pas fait, ce qui m'a permis de réaliser à Genève La Déménageuse." Sélectionné dans la quinzaine des réalisateurs à Cannes, le film sort chez Frédéric Mitterrand à l'Olympic. Mais la salle de cinéma brûle et la carrière du film avorte. "Telle est la fin, romanesque et normale de mes aventures cinématographico-politiques. On peut dire que je me suis suicidé professionnellement. N'ayant réalisé qu'un seul long métrage avant 68, je n'avais pas un crédit comparable à celui des cinéastes stars qui se sont engagés dans le mouvement. Aussi quand j'ai voulu recommencer dans le long métrage en 73, je me suis cassé le nez sur le scepticisme des producteurs. Pourtant, je ne regrette pas ces années généreuses."
Dans ce même temps, il faisait partie de "Rupture pour le communisme", habitait en communauté près du lac de Neuchâtel, organisait des manifs avec les immigrés... Il organise la révolte "bar-bar", le café des militants et des marginaux, que les autorités veulent fermer : révolte qui sera l'occasion de la première grande manif antiautoritaire qu'ait jamais vue la tranquille Lausannne. Il est arrêté. On manifeste pour sa libération. Il est libéré et se rejette de plus belle dans l'activisme, mais s'enfuie en France pour éviter un nouveau mandat d'arrêt contre lui.
José entre à la télé comme réalisateur, puisque le cinéma lui est désormais interdit. Violent autant que convaincu, il manque de retourner une table sur Jean-Louis Guillaut, alors responsable de la troisième chaine, lors d'un conflit. "Interdit de télé pour la troisième fois, je me suis retrouvé au chômage. Les choses demandaient à être sérieusement reconsidérées. Autour de moi, les gens avaient changé... J'ai fait une série de reportages sur la télé dans Libération, j'ai écrit des polars et puis je suis revenu doucement à la télé en 76, quand Chauvel qui m'aimait toujours bien malgré les années de collaboration houleuses (mais fructueuses quand on y repense), que nous avions connues ensemble, est revenu sur la Une. À partir de là, on a tourné de très beaux grands reportages pendant quelques années, avec Moscardo, Chabalier, Bertolino, Warin et quelques autres... Et puis cette école française de grands reportages, réputée la meilleure du monde, a cessé d'exister : le "PAF" commençait à naître, les programmateurs trouvaient le reportage trop cher et pas assez spectaculaire... L'audace a disparu du journalisme télé, et j'ai eu envie de revenir à la fiction."

* extraits de Mai en héritage, d'Elisabeth Salvaresi. Syros/Alternatives, 1988.

Scénarios, séries télévisées, feuilletons, polars, dans les années 1980 et 1990, José Varéla accumule un matériau de fiction télé-cinéma que l'explosion du PAF va exploiter : "La nouvelle fiction française est à venir" dit-il. Fort de cette certitude, il scénarise et réalise plusieurs séries pour des maisons de production travaillant pour la télévision.
Citons pêle-mêle la série d'aventure "Le Vagabond des mers" en 1989, diffusée sur TF1, "Elle et lui" en 1992... Parallèlement il écrit Phil Météor, un roman d'aventure adapté par Stéphane Paoli en feuilleton sur Europe 1, Rivière salée édité au Fleuve noir, etc.


Bibliographie*

Romancier :

  • 2010 - Noir (La Chambre d'échos-Tamtam, octobre 2010)
  • 2011 - Quai des grumes (Tamtam "Bibliothèque noire", juin 2012)
* Bibliographie actuellement recensée sur le site



publicité

Pied de page